Dans le cadre de la rationalisation de la gestion pour une structure régionale plus viable, il se pourrait que des sacrifices soient faits au niveau des Ressources humaines, bien qu’à la date d’aujourd’hui, aucune décision n’a été prise sur les moda­lités de regroupement des équipes des deux entités et aucun plan social n’est arrêté pour le moment.

L’année 2010 s’annonce char­nière pour la Fondation Ban­que populaire de . C’est l’année de la avec Zakoura  »dont elle a pris of­ficiellement les rênes en avril 2009 ». Un processus difficile à faire aboutir vu la situation délicate de l’entité absorbée et vu la morosité qui marque le secteur depuis 2007. «Tous les défis sont là.

C’est une institution qui doit avaler une entité deux fois plus grosse qu’elle et qui a d’énor­mes difficultés financières, structurelles et humaines», mar­tèle Mustapha Bidouj, secrétai­re général de la Fondation . En effet, sur le plan financier, Zakoura était au bord de la dé­rive. En 2008, elle a affiché un déficit de quelque 100 millions de dirhams, une perte qui serait doublée en 2009 au point de fi­nir l’année sans fonds propres. Un tableau sombre qui ne man­querait pas de peser lourdement sur les comptes de la Fondation . Et pour éviter que les deux institutions coulent, surtout que le secteur passe des zo­nes de turbulences menaçant sa rentabilité financière et son avenir, des défis énormes sont donc à relever.

Sur le plan structurel, la ratio­nalisation du réseau de Zakou­ra est à mener, du moment qu’il a été créé dans la hâte et de ma­nière démesurée.

Des guichets mobiles pour­raient être mis en place pour s’attaquer en profondeur au milieu rural. En outre, un sys­tème de contrôle interne effi­cient faisait défaut. Il fallait, dans le cadre du processus de rationalisation de certaines pratiques de gestion, inculquer une culture de responsabilité et de contrôle à l’ensemble du personnel, tout en leur dispo­sant une formation appropriée. D’ailleurs, un groupe de travail ne planche que sur le volet Res­sources humaines. «Dans le ca­dre de la fusion, on travaille sur un nouveau système d’infor­mation plus performant.

Nous essayons de mettre des verrous supplémentaires. Pour la for­mation des Ressources humai­nes, la Fondation BP consacre 3,5 millions de dirhams, et ce pour aller de l’avant et mieux préparer le départ », souligne-t-il. Seulement, dans le cadre de la rationalisation de la gestion pour une structure régionale plus viable, il se pourrait que des sacrifices soient faits au ni­veau des Ressources humaines, bien qu’à la date d’aujourd’hui, aucune décision n’a été prise sur les modalités de regroupe­ment des équipes des deux en­tités. Aucun plan social n’est arrêté pour le moment. «Mais si demain, la situation finan­cière nous obligera à opter pour un plan social, on va le faire », précise-t-il. La fusion n’est pas encore terminée. Chacune des deux fondations exerce son activité de manière séparée. Si Zakoura est en situation délica­te, la Fondation BP, malgré les turbulences, est l’une des rares associations à afficher encore un résultat positif. En 2008, elle a enregistré un résultat net de 56 millions de dirhams et un PNB de 191,63 millions de dirhams.

En termes de porte­feuille à risque, elle affiche le taux le plus faible du marché. Certes, il a augmenté, mais c’est relativement mieux maî­trisé qu’ailleurs. «Le taux PAR est établi pour le marché à près de 12%, alors que celui enre­gistré par la Fondation BP ne dépasse pas les 4,2%», note-t-il. D’ailleurs, la Fondation BP a respecté les recommandations de son conseil d’administration qui lui a demandé d’agir par prudence. Il fallait, en effet, le­ver le pied de l’accélérateur. «Au lieu d’ouvrir une trentaine ou une quarantaine de branches, il a fallu différer les ouvertures qu’on était en train de faire et travailler davantage sur tout ce qui peut nous aider à traver­ser ces turbulences», explique Mustapha Bidouj. Ainsi, avec le retrait des crédits en 2009, le PNB serait plus réduit, pour­tant, le management se montre optimiste. «Probablement, on sera la seule association de mi­crocrédit à afficher un résultat positif. Il y a un tassement de l’activité chez nous également avec une légère montée des im­payés, mais par rapport à nos confrères, on est les mieux lo­tis», se félicité-t-il.
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Tâche d’huile

Après 10 années d’euphorie et de croissance exponen­tielle, le secteur affiche un retournement de tendance depuis 2007. Une situation marquée par une montée inquiétante des impayés, suite à un tassement quasi général de l’activité. Tous les acteurs du secteur sont concernés mais de manière contrastée, selon la taille, le mode d’intervention et l’importance des avoirs.
Les impayés qui ont été établis à 175 millions de dirhams à fin 2008 ont presque doublé aujourd’hui en atteignant près de 530 millions de dirhams, soit une augmentation de + 200%, ce qui fait que globalement, le secteur enregistre un (PAR) de 670 millions de dirhams sur un encours de près de 5 milliards de dirhams, d’où un taux de PAR dépassant les 12%. Par ailleurs, il convient de signaler que les acteurs du secteur appellent à ce que la loi change pour avoir la possibilité d’aller vers d’autres créneaux. Même par rap­port aux impayés, la justice doit jouer son rôle pour que les jugements des tribunaux soient exécutés, sinon c’est le sentiment d’impunité qui va planer. D’autant que la mauvaise communication autour de l’annonce faite par l’Etat marocain que  »la dette civile ne peut pas subir la contrainte par corps » a fait tâche d’huile. Elle se trouve derrière la remontée des impayés dans le secteur.

Source, LE MATIN, Nadia Benyouref, 30-10-09

http://www.lematin.ma/Actualite/Supplement/Article.asp?origine=sej&idr=666&id=122085

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