Un cinquantenaire-fiction : Quand Othman Benjelloun rêve de BMCE Bank Of Africa…
C’est une incroyable soirée-fiction qu’a offert BMCE Bank à ses invités pour la commémoration des 50 ans de la banque. Mais derrière la fiction, un grand projet se prépare.
En juillet, déjà, les invités –triés sur le volet- recevaient un premier carton «?Save the date?», les informant qu’à l’occasion des 50 ans de BMCE Bank, le Président Othman Benjelloun les priait de réserver leur soirée du 24 octobre pour participer à un voyage hors du temps qui les projetterait dans 50 ans… Et qu’une invitation suivrait.
A la rentrée de septembre, le carton promis arrivait. Le Président Benjelloun y conviait à une soirée féérique au palais des congrès de Skhirat. Un seul changement pour la moitié des invités?: ce n’était plus la soirée du samedi 24 octobre qui devait être retenue, mais celle du lendemain dimanche 25. Les convives ayant été invités avec leurs conjoints, leur nombre a doublé et les places étant comptées dans la salle aménagée en espace du futur, Othman Benjelloun n’a pas hésité à tout refaire deux fois. Deux soirées identiques avec les mêmes protocoles, les mêmes artistes, les mêmes prestations, la même féérie…
Ce week end du 24-25 novembre, donc, tous ceux qui ont fait le déplacement à Skhirat ont eu droit à un réel voyage hors du temps.
Le «?Go » de Patrick Poivre d’Arvor
Accueillis à leur arrivée par le Président Benjelloun (qui n’a pas rechigné à rester ainsi debout, pendant une heure, à l’entrée du Palais, pour recevoir tous ses invités, y compris les retardataires), ils ont, quelques pas plus loin, été salués par l’administrateur Directeur général et coordonnateur du groupe BMCE, Brahim Benjelloun, puis par tous les autres responsables de la banque, avant de se voir offrir une collation. Ils devaient ensuite se présenter à un service d’accueil qui avait à leur remettre une petite carte leur indiquant le nom de leur table. Des hôtesses, à l’entrée de la salle du futur, se chargeaient alors de les accompagner à leur place. Aucun détail n’était négligé. Les invités, assis chacun derrière son nom, n’avaient plus qu’à attendre le début du voyage.
On comprend que l’on est dans une salle du futur lorsque, tout à coup, les murs de la salle disparaissent pour laisser place à un ciel géant, constellé d’étoiles, qui va du plafond au sol et entoure l’assistance comme si elle s’était embarquée dans un vaisseau spatial et qu’elle naviguait au milieu de la galaxie. Les invités n’étaient pas devant un écran de cinéma, ils étaient entourés par un écran de cinéma. Un écran sur lequel s’affichaient, en même temps qu’était évoqué le 50ème anniversaire du groupe BMCE Bank, une sorte de puzzle où prenaient place les visages des centaines de salariés de la banque. C’est par les ressources humaines (bien vu?!) que BMCE a voulu commencer sa commémoration du cinquantenaire.
Tout aussi subitement, deux pans de l’écran géant se sont écartés, laissant apparaître… Le journaliste français Patrick Poivre d’Arvor. C’est lui qui devait prononcer les premiers mots, saluant les 50 ans de BMCE Bank, rendant hommage à son Président, Othman Benjelloun et à sa discrétion (qu’il a dit avoir découverte, non sans étonnement, en parcourant les documents et archives de la banque) et annonçant que le programme de la soirée n’allait pas porter sur les 50 ans passés de BMCE Bank, mais sur les 50 ans à venir. C’est aussi lui qui devait inviter Othman Benjelloun à le rejoindre pour en dire plus aux quelques centaines de personnalités, décideurs et amis présents dans «?le vaisseau?», dont plusieurs étrangers, associés du groupe.
L’allocution du Président Benjelloun a alors fini de convaincre les invités qu’ils s’étaient réellement embarqués, ce soir-là, dans un voyage «?au-delà des limites du temps?».
Othman Benjelloun rêve debout..
Après avoir lancé un «?Excellences, très chers amis?» qui a mis fin aux applaudissements, le Président Benjelloun a commencé par rappeler la date de création de la Banque Marocaine du Commerce Extérieur (septembre 1959, en même temps que Bank Al Maghrib, la Caisse de Dépôt et de Gestion et le Dirham), avant de préciser que lui et les siens avaient tenu à organiser cette commémoration «?avec tout le soin qu’il nous était possible d’apporter, tant nous avons la foi et la conviction que cette grande institution, l’un des piliers du système financier marocain de l’après – indépendance, mérite un hommage le plus solennel, le plus prestigieux et le plus festif…?».
C’est alors que le Président Benjelloun a expliqué avoir «?choisi que la célébration du Cinquantenaire s’inscrive, plutôt que dans un registre commémoratif, dans un registre prospectif?». «?Nous avons voulu que cet évènement soit une invite à un voyage hors du temps… Qui nous transporte hors de nous-mêmes, hors de notre vécu… Vers le futur, un futur imaginé et magnifié?».
Et, entrant aussitôt dans le rôle, il lance à la salle?: «?Excellences, mesdames et messieurs… Aujourd’hui, 24 octobre 2059, plus précisément?: vendredi 24 octobre 2059… J’ai bien dit 2059… Vous nous faites l’honneur et l’amitié de venir célébrer avec nous le 100ème anniversaire de la création de ce qui était alors appelé la Banque Marocaine du Commerce Extérieur et qui depuis, est devenue le grand Groupe financier continental africain?: BMCE Bank Of?Africa… Je voudrais vous réitérer l’expression de toute notre satisfaction que vous ayez depuis plusieurs semaines déjà autorisé vos programmes robotiques personnels à accueillir l’ensemble des données relatives à cet événement qui vous furent télétransmises. Ainsi, vos agendas ont pu être réaménagés automatiquement de même que programmés les moyens de transport que vous venez d’emprunter, à savoir pour certains, leurs aéronefs, pour d’autres leurs véhicules électriques, hydrogènes, solaires, ou nucléaires…?».
Conscient de l’étonnement de la salle, le Président Benjelloun prolongea l’exercice. «?Je souhaite, pareillement, la bienvenue à nos Chers amis dont les contraintes d’agenda n’ont permis qu’une présence virtuelle. Ils sont parmi nous, ce soir, sur des sièges virtuels en 3 dimensions. Comme nous, ils assisteront au même spectacle et se verront servir à distance le même repas là où ils se trouvent, aux quatre coins du monde. Ces amis lointains, je les invite à établir leurs nano-capteurs corporels sur la fréquence 11?132 Tera Hertz de manière à ce qu’ils puissent télé-recevoir toutes les senteurs et éprouver ainsi toutes les sensations que leur présence physique parmi nous leur aurait permis d’avoir…?».
Médusée, l’assistance écoutait le Président Benjelloun poursuivre?: «?Le Groupe BMCE Bank Of Africa, ce sont 111 nationalités différentes, de toutes confessions et procédant des 5 continents soulignant alors notre ‘internationalité’ en même temps que notre fière marocanité. Le réseau BMCE Bank Of Africa est un réseau incarné et, en même-temps, désincarné. Incarné parce que les milliers de Points de conseil, qui étaient, dans la préhistoire bancaire, appelés ‘agences’, sont disséminés à travers le territoire africain. En même-temps, notre réseau est virtuel et se trouve dans la paume des mains de nos clients et des nôtres à travers un Terminal miniature permettant de reconstituer la voix, l’image et les données. Quels progrès prodigieux ont été accomplis par les technologies de l’information? en termes de haut débit, soit plusieurs millions de Térabits et en termes de miniaturisation de supports?! Il est anecdotique que nos prédécesseurs banquiers du début du siècle aient eu à gérer des moyens de paiement constitués de pièces de métal, de papiers billets ou chèques voire de cartes de plastique alors que, désormais, la monnaie n’est quasiment plus visible?! La monnaie est en effet, désormais, domiciliée dans des nano-puces électroniques et embarquées dans le prolongement de notre corps, de nos mains, de nos doigts où se trouve logé le Nano-Terminal?!?».
Othman Benjelloun donnait l’impression de rêver debout, mais il n’y avait pas que du rêve dans son propos… Quelques uns, dans la salle (très peu nombreux), le savaient.
Derrière le rêve, la réalité?!
En dessinant ainsi le futur de son groupe, le Président Benjelloun avait en effet trois catégories d’auditeurs.
Il y avait ceux qui l’écoutaient, amusés, se disant qu’il n’était pas interdit de rêver et que, ma foi, rêver pour rêver, autant faire des rêves fous. Surtout quand on s’appelle Othman Benjelloun. Ceux-là ne savaient rien…
Il y avait ceux qui l’écoutaient admiratifs, frappés par sa combativité et ses qualités visionnaires. «?Sa façon de se projeter dans le futur, c’est cela qui fait la différence entre les décideurs visionnaires qui voient et organisent l’avenir à long terme et les décideurs à courte vue qui ne voient pas plus loin que le moyen terme, dans le meilleur des cas?», commente un invité, poursuivant?:?«?Il sait très bien qu’il ne sera pas là dans 50 ans et nous non plus, mais c’est la vision qui compte…?». La plupart de ceux-là non plus ne savaient pas.
Et il y avait ceux qui savaient que les rêves du Président avaient un fond de réalité. Ce sont ses invités du groupe Bank Of Africa (BOA) et ses hauts cadres de Medi Capital Bank (banque du groupe BMCE à Londres). Ceux-là savaient que, non seulement BMCE Bank détient, depuis octobre 2008, 42,5 % du capital de BOA, ce qui est déjà un pas non négligeable vers le rêve nommé «?BMCE Bank Of Africa?», mais qu’en plus –et bien que le secret soit encore bien gardé- un autre nouveau pas dans cette direction est actuellement à l’étude. Il s’agit d’un grand projet de rapprochement entre BOA et Medi Capital Bank.
C’est pour cette raison que l’administrateur Directeur Général et premier responsable de Medi Capital, Jelloul Ayed, se déplaçait très souvent ces derniers temps à Londres. Et non parce que Medi Capital serait en train de couler comme le colporte la rumeur. Rumeur qui a fait courir aussi le bruit que BMCE Bank allait être rachetée par Banque Populaire (au point que le groupe a publié un démenti), que Finance.com n’avait pas de quoi payer Meditel dont il vient de racheter les parts étrangères, ou que le redressement judiciaire du textilien Legler allait entraîner dans sa chute la BMCE qui y a engagé plusieurs centaines de millions de dirhams, si la banque devait provisionner cette créance (ce qui n’est pas encore sûr, défend Mohamed Bennani, administrateur Directeur Général de BMCE qui recommande la prudence dans les commentaires concernant Legler).
Emouvant rendez vous dans 50 ans
Après le discours du Président, la partie artistique du voyage hors du temps a commencé.
Un spectacle enchanteur articulé autour des quatre éléments?: l’eau, la terre, l’air et le feu (accompagné d’un dîner des plus raffinés, dont les maîtres sont venus de France)… Un subtil mélange entre l’animation de l’écran géant qui encerclait l’assistance (où tantôt déferlaient des vagues, tantôt nageaient de merveilleuses créatures, tantôt se dressaient des champs de roseaux verts ou des flammes rouges) et l’ouverture d’une brèche sur de vrais artistes, comme Micky Green, Houria Haichi, Marcelo Puenté, ou encore, Arielle Dombasle…
Arielle Dombasle qui, lorsqu’à la fin du spectacle, s’est affiché sur l’écran un gigantesque gâteau d’anniversaire, est revenue sur scène, chanter «?happy birthday mister President?» -mimant à la perfection Marilyn Monroe- et inviter le Président Benjelloun à l’accompagner pour quelques pas de dance sur la chanson «?happy birthday?», avant de lui coller les deux bisous qui vont avec les vœux.
Quand Othman Benjelloun a lancé à l’assistance « n’oubliez pas notre rendez-vous, ici à Skhirat, dans 50 ans?!?», au début de la soirée, et qu’il a également écrit un message similaire («?soyez à l’heure à notre rendez vous dans 50 ans?») sur une petite montre Swach offerte à chaque invité, au moment du départ, inutile de dire quels pics pouvait atteindre l’émotion à ces moments-là. Et, lorsqu’à la fin du spectacle, son fils l’a serré dans ses bras, Othman Benjelloun était droit dans ses chaussures, mais l’émotion, traîtresse, voilait son regard.
Source, Le reporter, 02-11-09
http://www.lereporter.ma/actualite/economie/3021-un-cinquantenaire-fiction-quand-othman-benjelloun-reve-de-bmce-bank-of-africa.html
novembre 2, 2009 | Posted by HIauteur
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