La Banque renforce son dispositif de .

Une directive émise le 16 septembre dernier donne un fondement légal aux règles d’une bonne gouver­nance des Asso­ciations de (). Les en souffrance, el­les, seront régies par un nouveau mode de classifi­cation. L’épreuve de l’assainisse­ment ne fait que commencer.

Ce n’est que le début d’un long processus. Le secteur du micro­crédit, faut-il le rappeler, est soumis au contrôle de Bank-Al-Maghrib depuis à peine trois ans, une mission qui lui a été confiée par la nouvelle . Le Maroc a fait le choix d’un mode de supervision évolutif et adapté à la nature de l’activité de ce secteur. Le contrôle de BAM se fait soit sur documents, soit sur place, avec en plus une coordi­nation avec les commissaires aux comptes habilités à certifier la comptabilité des associations concernées.

Le bilan des trois premières années de contrôle a été riche d’enseignements. Le régulateur a mis le doigt sur une série de failles en lien avec la gouver­nance, le contrôle interne, l’affi­chage des conditions appliquées à la clientèle, la politique de fac­turation, etc. Face à ce constat, la Banque centrale ne pouvait rester les bras croisés.

Son effort d’assainissement, avec ce que cela requiert en termes d’arsenal législatif, a dé­bouché sur des actions concrè­tes sur le terrain. La dernière en date, une directive émise le 16 septembre dernier. Elle fixe les règles à observer en matière de gouvernance. D’abord en traçant les res­ponsabilités et les limites d’intervention des organes d’administra­tion et de di­rection.

Le conseil d’adminis­tration sera désormais le responsable en dernier ressort de la solidité financière de l’institution. C’est lui qui assure l’orien­tation straté­gique et la surveillance effective de la gestion de ses activités. De son côté, l’organe de direction est chargé de la gestion couran­te. C’est lui qui assure le pilota­ge effectif du processus de réali­sation des objectifs stratégiques fixés par les administrateurs. La directive insiste aussi sur la mise en place d’un contrôle interne au sein des associations.

Le conseil d’administration doit examiner, au moins une fois par an, l’activité et les ré­sultats de ce contrôle sur la base des informations qui lui sont adressées notamment par la di­rection générale ainsi que par le comité d’audit.

Au cours de ses délibérations, le conseil doit analyser la nature et l’ampleur des risques encou­rus, la nature et les niveaux de risques que l’institution est disposée à sup­porter et à gérer, les risques dont la matérialisa­tion est forte­ment attendue et les moyens appropriés pour en réduire les effets ainsi que les coûts poten­tiels susceptibles d’être générés par l’élimination intégrale d’un quelconque ris­que.
Par ailleurs, la directive du gouverneur de la Banque centrale appelle les organes d’administration et de direction à mettre à jour un dis­positif rigoureux de diffusion de l’information.

La transparence, aux yeux de BAM, doit être appréhendée comme un aspect qui concer­ne l’ensemble de l’institution et, dans une grande mesure, le secteur dans sa globalité. Ce dispositif d’information, pré­cise la directive du wali de BAM, doit assurer la com­munication, en temps oppor­tun, d’informations «exactes et pertinentes» sur les aspects significatifs de l’institution de nature à favoriser sa trans­parence vis-à-vis du grand public, du personnel, des autorités de contrôle, des in­vestisseurs et des autres parties prenantes.
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Le détail des nouvelles règles comptables

Les Associations de microcrédit (AMC) actives sur le marché sont au nombre de 13 (elles seront 12 le jour où se terminera le processus de fusion de avec la Fondation ). Chacune a son propre système d’information, son propre process, bref, chaque AMC fonctionne à sa manière. De même, sur le terrain comptable, les règles adoptées changent d’une association à l’autre. Tantôt laxiste, tantôt stricte, le référentiel comptable du microcrédit au Maroc pré­sente des écarts énormes entre les institutions. Dans un souci d’uniformisation et de cohérence, un arrêté du ministre des Finances, diffusé en juillet dernier, est venu fixer les règles de classification des créances en souffrance et qui doivent être appliquées à partir de l’exercice comptable 2009. «Pour la confection de ce nouveau système de classification, le législateur s’est inspiré des pratiques francophones et anglophones en la matière, en prenant en considération les spécificités de la réalité marocaine», souligne Mostapha Hassar, responsable du département de la au sein de la direction de la supervision bancaire à BAM. Le nouveau dispositif est basé sur un seul critère : celui des impayés. Ainsi, dès qu’un impayé se manifeste au seizième jour après l’échéance, la créance sera automatiquement déclassée. Autre nouveauté: le déclassement peut se faire par anticipation d’une situation dé­faillante en lien avec l’environnement (opérationnelle depuis le début de cette semaine, la centrale des risque peut servir d’indicateur déterminant dans ce sens). Le nouveau texte fixe également des règles précises pour la constitution des provisions. Désormais, les créances en souffrance seront provisionnées à hauteur de 25% (pour un impayé de 15 à 30 jours), de 50% (pour un impayé de 30 à 90 jours), de 75% (impayé de 90 à 180 jours). Dès que l’impayé dépasse son échéance de plus de six mois, la créance sera provisionnée à 100% avant d’être radiée définitivement du patrimoine de l’association. A ce moment-là, elle fera l’objet d’un suivi « extra-comptable » conformément à la pratique internationale de la .

Source, LE MATIN, Wadie El Mouden, 30-10-09

http://www.lematin.ma/Actualite/Supplement/Article.asp?origine=sej&idr=666&id=122090

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