Finances de l’Etat : Les MRE, ultime rempart

Les autorités financières et politiques du pays ont les yeux rivés sur l’Opération Transit 2009 des Marocains résidant à l’étranger (MRE) qui a débuté lundi 15 juin, au niveau des ports et aéroports du pays, où plus de 2,5 millions de passagers sont attendus pour sauver les Finances de l’Etat après la chute des IDE, un tourisme vacillant et la chute des exportations qui ne cessent de creuser le déficit de la balance commerciale.L’opération Transit 2009 tiendra-t-elle ses promesses ? C’est une « question pour un champion » que Mohamed Ameur, le ministre délégué chargé de la Communauté marocaine résidant à l’étranger, doit couper le souffle en attendant la fin de la cette opération pour connaître la réponse. Ameur n’aurait pas ménagé d’effort pour aller à la rencontre des MRE dans leurs pays d’accueil pour les attirer vers leur pays d’origine.

Mieux encore. Le ministère avait annoncé, début du mois courant, une batterie de mesures prises en faveur des MRE en matière notamment de transferts d’argent, d’investissements et de crédits immobiliers.

Il prévoit l’attribution d’une subvention étatique à hauteur de 10% du coût du projet à tout détenteur de projet qui doit avancer un apport en fonds propres en devises équivalent à 25% du capital total et pourra avoir un crédit bancaire plafonné à 65% du total de l’investissement. (Ce n’est pas moins de 1 million de DH et pas plus de 5 millions de DH.)

Les MRE pourront en plus bénéficier, également, de la gratuité des transferts d’argent effectué par l’intermédiaire des banques marocaines ou leurs réseaux à l’étranger et cela jusqu’au 31 décembre 2009. Toujours en matière de change, il sera procédé, à partir de juin 2009, à une baisse de 50% de la commission de change appliquée à l’ensemble des transactions avec l’extérieur. Dans le domaine immobilier, les MRE devront désormais bénéficier de la garantie « Daman Assakane » qui était attribué sur la base du lieu de résidence.

Effectivement les perspectives de l’économie nationale en 2009 et 2010 annoncées récemment par le Haut Commissariat au Plan tirent la sonnette d’alarmes. Un taux de croissance estimé pour 2009 de 5,3% et taux prévu pour 2010 de 2,4%, ralentissement marqué de la croissance des activités non agricoles, passant de 6,2% en 2007 à 3,9% en 2008, 2,3% en 2009 et 3,9% en 2010 et une balance des paiements de plus en plus déficitaire, sont autant de signaux alarmants pour l’économie marocaine.

Avec la chute des IDE (Investissements directs étrangers), le schéma devient plus préoccupant.

La récession annoncée dans les pays européens, principaux partenaires commerciaux du Maroc, aura vraisemblablement d’importantes répercussions sur cette économie, comme le présente le rapport  » Perspectives économiques en Afrique 2009″, lancé conjointement par la Banque africaine de Développement (BAD), le Centre de développement de l’OCDE et la Commission économique pour l’Afrique (CEA).

Selon une étude d’Anima Invest Network, la crise a eu un impact sur le flux d’investissements étrangers en destination du Maroc. Ainsi bien qu’il reste parmi les destinations les plus privilégiées pour les investisseurs dans la région Med, le Maroc aurait essuyé un revers au niveau des IDE. Ainsi, seulement 95 projets d’investissements ont été détectés pour le Maroc en 2008, soit une baisse estimée à environ 36% par rapport à 2007. Un affaissement qui se ressent d’ailleurs sensiblement au niveau des montants investis qui chutent de près de moitié. En effet, en 2008, à peine 1,5 milliard d’euros d’IDE ont été injectés dans l’économie marocaine contre près de 2,7 milliards en 2007.

D’autres secteurs ne sont pas totalement à l’abri de la crise. Il s’agit notamment du tourisme qui subit l’impact de la crise influencé éventuellement par la menace de la grippe porcine. En définitif, la manne des transferts des MRE, qui ont totalisé 3,5 milliards de dollars pour les six premiers mois de 2008, reste la bouée de sauvetage d’une économie en manque de financement. Encore faut il se mettre à l’évidence. Beaucoup de MRE subissent de plein fouet l’effet de cette crise qui se traduit par la perte d’emplois ou encore la faillite des petits projets qu’ils ont mis des années à monter

Source: Albayane, Hassan Benkabli, 26/06/2009

http://www.albayane.ma/def.asp?codelangue=23&id_info=153162

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