Enquête mensuelle de conjoncture BAM : Prévisions de l’inflation à la baisse?

Bank Al Maghrib présente l’évolution de l’inflation jugée la plus probable (prévision centrale) au cours des six prochains trimestres et examine les principaux risques qui lui sont associés (balance des risques). Le scénario de la prévision centrale est donc conditionné par les hypothèses et les évolutions envisagées pour une série de variables affectant l’activité et l’inflation. Sous l’hypothèse de la non matérialisation des principaux facteurs de risque identifiés, l’évolution de l’inflation à l’horizon des six prochains trimestres reste en ligne avec l’objectif de stabilité des prix, avec une prévision moyenne de l’ordre de 1,1%.
Au cours de l’année 2009, l’inflation devrait atteindre1,2%, soit un taux nettement inférieur à la prévision présentée dans le dernier Rapport sur la Politique Monétaire (2,8%). Comparée au Rapport précédent, la prévision d’inflation a été largement revue à la baisse sur l’horizon de prévision (1,1% contre 2,4%).Les risques entourant la prévision centrale de l’inflation sont dans l’ensemble orientés à la baisse. Ils résultent des incertitudes qui entourent à la fois l’évolution de la conjoncture internationale et nationale. Les premiers étant essentiellement liés aux modalités de la sortie de la crise chez nos partenaires et les deuxièmes concernent l’évolution du marché du travail et la résilience des moteurs de croissance interne de l’économie nationale face à la crise mondiale.

Après plusieurs trimestres de croissance négative, les principales économies mondiales semblent manifester quelques signes de reprise depuis les dernières semaines. En effet, différents organismes s’accordent à dire que le «creux de la vague» est probablement passé, mais que la reprise sera faible. Un rapport de l’OCDE publié au début du mois de septembre annonçait : « La reprise, suite à la récession mondiale, arrivera probablement plus tôt que cela n’avait été prévu il y a quelques mois.
Le rythme de l’activité restera néanmoins faible pendant une bonne partie de l’année prochaine».
Pour sa part, le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour 2009 et 2010. Il anticipe désormais une contraction de 1,3% du produit intérieur brut (PIB) mondial cette année, contre une prévision précédente de -1,4%, et une croissance de 2,9% en 2010 au lieu de 2,5%. Pour les économies avancées, le FMI anticipe une contraction de 3,7% cette année – un peu moins que les -3,8% prévus auparavant – suivie d’une croissance de 1,0% en 2010, au lieu de 0,6%.
De même, plusieurs économies ont vu leur prévision revue à la hausse pour 2010, notamment les Etats-Unis (1,2% au lieu de 0,8%) la zone euro (0% contre -0,3% en 2010), et la France (0,8% au lieu de 0,4%).
Les principales incertitudes qui pèsent sur l’évolution de la croissance mondiale restent d’une part liées aux évolutions du marché du travail en raison de la poursuite de la hausse des taux de chômage, et d’autre part à la baisse du rythme des crédits distribués et à la solidité des systèmes bancaires.
Sur la base de ces évolutions, nous retenons pour hypothèse dans notre scénario central un taux de croissance des principaux pays partenaires à savoir l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie de -3,6% en 2009 et de -0,2% en 2010. Il est à noter que ce taux de croissance est calculé sur la base d’une moyenne pondérée par les parts respectives de ces pays dans notre commerce extérieur.
Les derniers chiffres publiés concernant l’inflation montrent qu’elle poursuit sa tendance baissière aux Etats-Unis comme en Europe. Ainsi, selon les dernières prévisions de la BCE, elle devrait passer de 3,3% en 2008 à 0,4% en 2009. Il est à souligner que les analystes de la BCE, comme ceux de l’OCDE, considèrent que cette évolution est principalement due à un important effet de base lié aux niveaux de prix des matières premières et du pétrole très élevés en 2008. Toutefois, les conditions économiques encore fragiles devraient contribuer à réduire les pressions inflationnistes. Ainsi, pour 2010, l’inflation devrait se situer dans la zone euro autour de 1,2% selon la BCE.
Ces évolutions tendent à indiquer une réduction des tensions inflationnistes émanant des prix à l’import comme tend à le confirmer l’évolution récente des indices de valeurs unitaires à l’importation développés par Bank Al-Maghrib. Ainsi, les modèles de prévisions font état pour cet exercice d’une baisse des prix à l’importation.

Dans un contexte de ralentissement de la demande étrangère adressée au Maroc, la croissance économique est essentiellement tirée par la performance des activités agricoles. En effet, la production céréalière s’est élevée à 102 millions de quintaux, soit prés du double de la récolte précédente. La croissance du PIB devrait se situer autour de 5,3% au cours de l’année 2009, reflétant ainsi une grande performance du secteur agricole, et des réalisations inférieures aux tendances historiques des secteurs non agricoles, autour de 2,3%.
Pour la prochaine campagne agricole 2010-2011, le scénario central de prévision est de 75 millions de quintaux. En raison des taux de remplissage actuels des barrages, ce niveau est supérieur au scénario d’une campagne moyenne habituellement retenue (60 millions de quintaux) à cette période de l’année.
Si la croissance des pays partenaires s’inscrit dans les tendances décrites dans la première partie de ce chapitre, l’évolution des activités non agricoles en 2010 devrait continuer à être inférieure aux moyennes historiques constatées.
Les dernières statistiques du marché du travail datant du deuxième trimestre 2009 indiquent une baisse de 1% du taux de chômage à la fois en milieu rural et urbain (voir le chapitre 2).
En effet, l’augmentation du chômage dans les secteurs dépendant de la demande extérieure a été largement compensée par les créations nettes d’emploi dans le secteur de l’agriculture, les BTP et les Services. Cependant, les perspectives de croissance mitigées pointent vers une possible dégradation du marché du travail dans les prochains trimestres. L’enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib du mois de juillet indique que les professionnels anticipent une baisse ou une stabilité des effectifs employés dans le court terme.
Le niveau des cours du pétrole reste soutenable par rapport aux prévisions de la Loi de Finance (100$ le baril). Ainsi, les dépenses de compensation ont baissé de 68%. Selon les prévisions du FMI, le prix du baril devrait se situer à 58 dollars pour 2009 et 70 dollars pour 2010. Le scénario de prévision retient l’hypothèse d’une stagnation du prix à la pompe du gasoil 50 PPM au prix de 7,15 DH.
Selon les résultats de l’enquête de conjoncture dans le secteur industriel de Bank Al-Maghrib du mois de juillet, le pourcentage des chefs d’entreprises qui prévoient une stagnation de l’inflation pour les trois prochains mois est en recul par rapport au mois de juin. En revanche, la proportion de ceux qui anticipent un reflux de l’inflation étant en légère baisse par rapport à la même période

Source: Albayane, 06-10-2009

http://www.albayane.ma/def.asp?codelangue=23&id_info=156051

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