VOLATILITÉ. Le taux débiteurs (toutes branches confondues) est passé de 7,04% à la fin du premier semestre 2006 à 6,73% en mars 2009
Par activité, les crédits destinés à l’équipement demeurent les plus chers avec un taux de 7,67% au premier trimestre 2009. Pour leur part, les crédits à la consommation ont affiché un taux débiteur de 7,38% à fin mars 2009, contre 6,78% pour les crédits de trésorerie et 5,75% pour les crédits immobiliers.
Dans un contexte de tensions sur les liquidités du marché monétaire, et malgré qu’ils aient emprunté des trends relativement baissiers, le niveau des taux débiteurs a enregistré une rupture de cette tendance depuis le début de l’année 2008. Selon les dernières statistiques de Bank Al-Maghrib, les taux débiteurs moyens appliqués par les banques marocaines se sont inscrits dans une tendance baissière depuis juin 2006. En effet, toutes branches confondues, ce même taux est passé de 7,04% à la fin du premier semestre 2006 à 6,73% en mars 2009. Par activité, les crédits destinés à l’équipement demeurent les plus chers avec un taux de 7,67% au premier trimestre 2009, contre 9,61% au second trimestre de 2006, soit une baisse de 1,94 points. Pour leur part, les crédits à la consommation ont affiché un taux débiteur de 7,38% à fin mars 2009, contre 6,78% pour les crédits de trésorerie et 5,75% pour les crédits immobiliers. Néanmoins, il convient de signaler que depuis la fin de l’année 2007, le taux moyen débiteurs a marqué une hausse passant de 6,07% à 6,73%. Globalement, l’évolution récente des taux d’intérêt laisse entrevoir une amélioration de la transmission des décisions de politique monétaire et ce, en raison notamment de la résorption, depuis 2007, des excédents de liquidité qui ont longuement persisté sur le marché monétaire.
Le Conseil de Bank Al-Maghrib avait décidé, en mars dernier, de réduire le taux directeur de 25 points de base, le ramenant à 3,25%. Suite à cette décision, le corridor délimitant l’évolution du taux interbancaire s’est trouvé modifié de façon symétrique, les taux des facilités permanentes d’avances et de dépôts s’établissant désormais à 4,25% et à 2,25% respectivement. Dans ce contexte, le taux interbancaire est revenu à 3,40% au cours du premier trimestre 2009, après 3,53% à fin 2008. Par ailleurs, au cours des mois d’avril et de mai, il a connu une nouvelle baisse consécutivement à la réduction du taux directeur, se situant en moyenne à 3,17%. Parallèlement, les taux des bons du Trésor à court terme émis sur le marché primaire, les plus corrélés avec l’évolution du taux interbancaire, ont poursuivi leur recul entamé depuis le début de l’année, avec une baisse plus marquée en avril et mai. De même, les taux à moyen terme se sont, dans l’ensemble, inscrits en repli, après le rebond enregistré le trimestre précédent. La même évolution a été observée sur le marché secondaire au niveau des maturités à moyen et long termes. Sur ce compartiment, la décrue des rendements, entamée depuis le début de l’année, a été plus prononcée entre avril et mai, les taux sur ces maturités s’établissant à des niveaux inférieurs à ceux constatés au cours du dernier trimestre 2008.
D’après la banque centrale, Ce constat est particulièrement confirmé par la dynamique récente des taux assortissant les placements à terme auprès des banques. En effet, le taux moyen pondéré des dépôts à 6 et 12 mois a accusé un repli au premier trimestre 2009 et en avril, après l’orientation à la hausse au cours de 2008. Cette évolution reflète un fléchissement du taux des dépôts à 6 mois, celui des dépôts à un an, moins sensible à très court terme aux variations du taux interbancaire, s’étant établi au même niveau qu’au trimestre précédent. En ce qui concerne les conditions débitrices, les résultats de l’enquête trimestrielle de Bank Al-Maghrib auprès des banques font ressortir une hausse du taux moyen pondéré des crédits, passé de 6,33% au quatrième trimestre 2008 à 6,73% au premier trimestre 2009.
Selon les catégories de crédit, le taux des facilités de trésorerie, principal déterminant de l’évolution du taux moyen pondéré global, s’est accru de 49 points de base pour atteindre 6,78%. Celui des crédits à l’équipement, plus volatile et davantage influencé par les conditions d’activité et la maturité des crédits octroyés, a enregistré une hausse, passant de 7,63% à 7,85% au premier trimestre 2009. Pour leur part, les taux des crédits immobiliers se sont accrus de 39 points de base à 5,75%, après une quasi stabilité au cours des trois derniers trimestres, tandis que les taux sur les crédits à la consommation ont marqué une nouvelle hausse, s’élevant à 7,38% après le mouvement baissier observé au cours des trois premiers trimestres 2008.
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Par le passé, Bank Al-Maghrib disposait, pour l’analyse des conditions de financement dans l’économie, du seul indicateur du coût moyen du crédit. Elaboré à partir des données bilancielles du système bancaire et défini comme le rapport entre les intérêts perçus et l’encours moyen du crédit, cet indicateur renseigne sur les taux appliqués non seulement aux nouveaux contrats de prêts mais également à l’ensemble des crédits distribués auparavant, non encore intégralement remboursés. De ce fait, ses variations se révèlent inadéquates pour le suivi de l’évolution des conditions débitrices marginales dans l’économie et des mécanismes de transmission de la politique monétaire. Depuis le début de 2006, Bank Al-Maghrib réalise une enquête sur les taux débiteurs à une fréquence trimestrielle. Les banques sont sollicitées pour renseigner des rubriques relatives aux taux appliqués par catégorie d’emprunteur, par nature de crédit et par tranche de montants, ce qui permet de calculer le taux débiteur marginal global appliqué à l’ensemble des crédits mais également par agent et par objet économique. Au regard de l’amélioration sensible de la fiabilité et de la qualité des données communiquées par les banques, d’un trimestre à l’autre, Bank Al-Maghrib a décidé d’exploiter les résultats de l’enquête aussi bien pour ses analyses internes que pour les besoins liés aux publications externes.
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Des effets temporaires
Au cours du deuxième trimestre de l’année 2009, le taux moyen pondéré s’est établi en moyenne à 3,17%, en baisse de 24 points de base par rapport au trimestre précédent en raison de la décision de baisse du taux directeur de 25 points de base prise par le Conseil de la banque lors de sa réunion du 24 mars 2009. Cela est aussi imputable à l’excédent temporaire sur le marché au cours de la dernière semaine de la période de réserve s’achevant le 20 mai 2009, principalement dû à des dépenses du Trésor plus importantes que prévu ainsi qu’aux anticipations des opérateurs de marché
concernant l’évolution de la liquidité bancaire. Dans ce contexte, la volatilité du TMP a augmenté de 5 points de base s’établissant à 0,33% contre 0,28% précédemment.
Source: LE MATIN, Abdelali Boukhalef, 26/06/2009
http://www.lematin.ma/Actualite/Supplement/Article.asp?origine=sej&idr=637&id=115797
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