Annonçant les nouvelles décisions de Bank Al Maghrib, défend avec ferveur les choix stratégiques de la Banque .

Vu l’ampleur et le caractère durable du besoin de sur le marché monétaire et compte tenu des prévisions d’évolution des facteurs de , le Conseil de Bank Al Maghrib a décidé de réduire le de la monétaire de 2 points de pourcentage, pour le ramener à 8% à compter du 1er octobre courant. C’est là l’une des principales décisions prises à l’issue de la réunion trimestrielle du Conseil de . « a décidé de baisser le taux des réserves obligatoires pour permettre aux banques marocaines de bénéficier d’une injection supplémentaire de liquidité de l’ordre de 7,8 milliards DH », a expliqué Abdellatif Jouahri lors d’un point de presse. Il a indiqué que c’est la troisième baisse enregistrée au cours de cette année après celles qui avaient ramené ce taux de 15% à 12%, puis de 12% à 10% et enfin de 10% à 8%. Les banques marocaines avaient alors bénéficié en juin et juillet derniers d’une injection en deux temps, de 7,3 milliards DH. « Les banques sont en sous liquidité depuis 2007. Nous sommes passés de 13 milliards de liquidité injectés chaque semaine à 17 et à 22 milliards. Nous avons baissé la réserve obligatoire pour réduire le déficit en liquidité et donc permettre aux banques de subvenir aux besoins de financement des secteurs productifs », a encore lancé le gouverneur de l’Institut d’émission qui a réitéré l’engagement de de procéder à de nouvelles baisses chaque fois que le besoin se présente mais tout en permettant à la Banque centrale de garder son pouvoir de contrôle. « Si l’analyse des données venait à exiger une nouvelle baisse, il n’y a pas de raison pour ne pas le faire », annonce-t-il en soulignant que agit toujours de manière à sauvegarder sa capacité de contrôler le marché monétaire. Par ailleurs, le responsable marocain a affirmé que globalement il n’y a pas d’aggravation des créances en souffrance dans le secteur bancaire. Il a noté que la situation de sous-liquidité est due principalement à la réduction des avoirs extérieurs sous l’effet de la crise . « Là aussi nous avons bénéficié de mesures prises sur la plan international. Le a procédé à une augmentation des droits de tirage généraux et spéciaux et le Maroc en a profité », rappelle A. Jouahri. Et d’ajouter : « nous avons reçu six cents millions de DTS le 1 septembre qui viennent renforcer le potentiel des avoirs extérieurs de la Banque centrale ».

Le taux directeur reste inchangé

Le conseil de la BAM a décidé de maintenir le taux directeur à son niveau actuel. « La décision de maintenir ce taux à 3,25% et prise dans un contexte caractérisé par une orientation à la baisse des risques sur la stabilité des prix et une prévision de l’ en ligne avec l’objectif de stabilité des prix », note le Conseil de la Banque centrale. Le dernier rapport de cette institution indique, en effet, que les risques au plan des perspectives d’ sont globalement orientés à la baisse au cours des prochains trimestres. Les différents facteurs de risque continuent d’indiquer une modération sensible des pressions inflationnistes, en raison notamment du niveau bas des prix des matières premières et de l’ à l’échelle internationale et du reflux des pressions émanant de la demande, particulièrement extérieure. La volatilité des prix sur les marchés internationaux des produits de base, en particulier du pétrole, est toutefois une source d’incertitude.

En outre, la Banque centrale marocaine ne compte pas faire baisser le taux directeur dans les six mois à venir. « Nous ne voulons pas donner de signal pour que la demande de crédits reparte. Le Maroc est en train de faire une décélération en douceur. Les exagérations sont en train d’être gommées », a expliqué Jouahri en recommandant d’attendre l’affermissement des facteurs de sortie de la crise. Il a à ce propos souligné la lente reprise du côté du marché européen, principal partenaire du Maroc, comparativement aux et aux pays émergents qui, eux, bénéficieront d’une reprise  plus accélérée.

Les inquiétudes demeurent

Concernant le taux de , BAM maintient ses prévisions qui tablent sur un taux situé entre 5 et 6% à la fin de cette année. Selon cette Institution, la est tirée essentiellement par l’agriculture tandis que la des activités non-agricoles demeurerait en deçà du potentiel réel.

A cet égard, Abdellatif Jouahri a indiqué que les principales sources d’inquiétude sont liées à l’incertitude des cours des énergies (re-surenchérissement des cours du pétrole) ainsi que la situation des avoirs extérieurs et surtout les difficultés liées à la productivité des entreprises.

Si la croissance agricole exceptionnelle s’est davantage concrétisée à la lumière des données relatives au deuxième trimestre et au mois de juillet, les activités non-agricoles n’ont connu qu’un léger redressement, avec un rythme annuel prévu à près de 1% au deuxième trimestre et à 1,3% au troisième trimestre de cette année, note le rapport du Conseil de la BAM.

L’inflation revue à la baisse

Le conseil de BAM a également revu à la baisse la prévision de l’inflation à l’horizon du 4ème trimestre 2010. Le taux prévu est passé à 2% au lieu de 2,6% annoncé en juin dernier. « Cette tendance est confirmée par l’évolution de l’inflation sous-jacente qui s’est maintenue autour de -0,6% depuis juin dernier, souligne la Banque centrale, ajoutant que « malgré certains signes de reprise, qui restent toutefois mitigés, et la poursuite de la normalisation des marchés des capitaux, l’activité au plan international reste atone. L’output gap de nos principaux partenaires devrait, en effet, rester négatif au cours des prochains trimestres et affecter les performances de l’économie nationale à travers les canaux des exportations des biens et services et des transferts ».


Centrale des risques : mise en demeure

« Il y a quelques problèmes avec Experian (la société chargée de mettre en place la Centrale des risques, prévue, auparavant pour septembre 2009) », reconnaît le gouverneur de la BAM, avant de préciser : « j’ai moi-même mis en demeure le patron d’Experian pour régler les problèmes dans les délais fixés ». « Je lui ai accordé un délai supplémentaire jusqu’à fin octobre. A partir de là si le contrat n’est pas honoré, je prendrai les mesures nécessaires pour faire aboutir ce chantier dans les meilleures conditions », prévient le patron de BAM. Signalons que la Centrale des risques permet d’établir une base de données clients au service des établissements de crédit.

Jouahri : « Je demanderai des explications aux banques »

Abordant la hausse des taux d’intérêts décidée par les banques l’été dernier, Abdellatif Jouahri affirme qu’il demandera des explications à ce sujet aux concernés. « Les banques n’avaient pas de raison d’augmenter les taux d’intérêt. », estime-t-il. « Je ne comprends pas la réaction des banques. En juin nous avons baissé le taux directeur à 3,25% et nous avons injecté des liquidités en fonction du besoin. C’est l’un des éléments sur lesquels je vais demander des explications lors de la réunion avec les banques, prévue en novembre prochain », prévient Jouahri.

Abordant le marché des crédits, le Gouverneur a affirmé que globalement il n’y a pas d’aggravation des créances en souffrance dans le secteur bancaire. Le crédit qui connaît une décélération depuis le troisième trimestre 2008, demeure relativement dynamique avec une hausse de 14,5% en août contre 16,6 % en juillet et 18,3% au premier semestre 2009.

Le réalisme de BAM

BAM assume son rôle en tant que conseiller financier du gouvernement, insiste A. Jouahri en rappelant la polémique qui avait suivi la recommandation contenue dans le rapport 2008 de BAM selon laquelle il faudrait éviter de prendre dans ce contexte de crise économique internationale des engagements financiers dans le cadre du dialogue social et ce afin d’éviter de perturber les équilibres financiers de l’Etat. « Lors de la présentation du rapport 2008 devant SM le Roi, BAM a parlé avec une parfaite franchise », a encore rappelé Jouahri. « On a un problème de productivité dans les entreprises. C’est le moment ou jamais d’accélérer les réformes structurelles notamment au niveau de la productivité des entreprises particulièrement celles tournées vers l’exportation ou celles opérant dans le tourisme », conseille-t-il.


Le Maroc interpelle les institutions de

Dans la déclaration présentée par le Maroc lors de la réunion du comité du développement de la Banque mondiale () et du Fonds monétaire international (FMI) à Istanbul, un groupe de pays composé, outre le Maroc, de l’, de l’, du , de l’, du et de la , a appelé à l’assainissement du secteur financier international à travers des politiques macro-économiques appropriées en vue de donner plus de vigueur à la reprise économique.

Cette déclaration qui a été lue par le ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales, Nizar Baraka, note que la « supervision effective du système financier ne peut être réalisée qu’à travers des efforts concertés de coordination ». « Les propositions de révision des règles prudentielles, des principes comptables et des pratiques de transparence déjà annoncés gagneraient à être partagées avec les pays en développement (PED) », a déclaré le ministre, constatant que « la reprise sera lente ». Et d’ajouter : « la majorité des PED ont un besoin urgent de financements additionnels notamment concessionnels».

Gare au  !

«Les effets de la crise ont été principalement transmis via le canal du secteur réel plutôt que du secteur financier», rappelle Nizar Baraka. Il souligne que dans le cas du Maroc, «la récession et la contraction des crédits dans la zone Euro ont affecté les exportations, les recettes touristiques, les transferts des MRE et les investissements étrangers à partir du dernier trimestre 2008». Cette situation s’est traduite par «l’apparition d’un déficit du compte courant de la balance des paiements et la baisse de nos réserves de changes», a-t-il précisé en appelant la Communauté internationale à «résister aux tentations protectionnistes en matière de commerce et d’investissements».

Abordant le renforcement de la voix et de la représentation des pays en développement et en transition (PEDT), la déclaration appelle à «l’amélioration de la capacité financière» et à «une plus grande représentativité des PEDT dans le processus de prise de décision au sein des instances du Groupe de la Banque mondiale».

Conduite par le ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales, la délégation marocaine aux assemblées annuelles de la BM et du FMI, était composée notamment du gouverneur de Bank Al-Maghreb, Abdellatif Jouahri, du directeur du trésor et des extérieures au ministère de l’Economie et des , .

Source, Le reporter, Hassan Laghcha, 11-10-09

http://www.lereporter.ma/actualite/finance/2856-bank-al-maghrib–gros-probleme-de-liquidite-.html

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