· Une organisation spécifique et développée
· Répertoires des risques opérationnels
· Couverture de l’ensemble des activités
Se conformer aux règles de Bâle II n’est pas une mince affaire. Un tel standard de gestion de risques nécessite non seulement de gros moyens financiers tant en termes de matériel que de ressources humaines, mais aussi la mise en place d’une organisation rigoureuse et fiable, à même d’assurer la couverture et la supervision des risques inhérents à l’activité d’un établissement bancaire. Attijariwafa bank a mis en service un pôle Gestion globale des risques (GGR). Rattaché directement à la présidence, cette entité est totalement indépendante des autres pôles et métiers de la banque.
Cette fonction exerce généralement, a priori, un contrôle permanent totalement différencié de celui de l’audit interne effectué périodiquement et a posteriori. Les missions permanentes de cette fonction consistent à formuler des recommandations, à analyser de manière prospective les portefeuilles de crédits. Elle doit également approuver les crédits aux entreprises et aux particuliers, ainsi que les limites de trading. Enfin, la GGR garantit la qualité et l’efficacité de suivi des risques. Ainsi, les risques qui ont été identifiés sont de trois familles: le risque de crédit et contrepartie, qui correspond au risque de défaillance totale ou partielle de la contrepartie avec laquelle des engagements de bilan ou hors bilan ont été contractés. A ce titre AWB élabore le système de notation interne depuis 2003 pour évaluer les risques de ses engagements. Le système englobe le portefeuille des entreprises hors collectivités locales, banques, holdings, sociétés de financement… Il prend, ainsi, en compte une échelle de 6 notes (de A à F) et les probabilités de défaut. De plus, le système intègre des facteurs financiers explicatifs du risque de crédit: la taille, la structure, la rentabilité, la liquidité et le levier.
Autre risque, celui de marché qui est dû aux incertitudes sur des pertes liées aux évolutions du taux d’intérêt, du taux de change, de liquidités… A ce niveau, la banque s’est dotée d’un outil informatique «Fermat», pour répondre aux besoins internes et réglementaires en matière de calcul des exigences des fonds propres relatives au risque de marché, de taux de solvabilité, de mesure de calcul de risque de marchés encourus…
Enfin le risque opérationnel qui inclus toutes les incertitudes liées à l’informatique, au volet juridique, humain, fiscal, commercial… Pour 2008, la banque a élaboré des cartographies (23 en tout) correspondant à l’ensemble des activités du groupe. Il en ressort 581 risques opérationnels dont 148 sont à piloter. Pour les 4 filiales: AWB Europe, Wafasalaf, Wafacash et Wafa Immobilier, se sont 405 risques identifiés et 93 à piloter.
«L’organisation de la GGR est calquée sur la typologie des risques édictés par les accords de Bâle II», apprend-on au sein d’AWB, à savoir sous forme de trois entités chacune dédiées à la détection, l’analyse et le suivi des trois grandes catégories de risque. Et pour renforcer sa gestion du risque, le pôle GGR s’est doté, fin 2008, d’une nouvelle entité de Risk management qui coiffe les autres. Elle est chargée d’élaborer des modèles de notation conformes à l’esprit de Bâle II, de mettre en place des normes pour régir le fonctionnement de la GGR et de piloter les projets notamment le passage en 2010 à un ratio de solvabilité de 12% au lieu de 10% actuellement.
De manière générale, le processus de gestion des risques comporte quatre étapes: L’identification des risques, qui consiste à inventorier de manière complète et détaillée les facteurs qui leur sont inhérents. Dans un second temps, cet inventaire doit être régulièrement actualisé question de tenir compte de l’évolution des facteurs de risques et des fluctuations induites par les changements de politiques de gestion de risque.
Seconde étape, la mesure du risque par laquelle la banque évalue leur probabilité d’occurrence ainsi que leurs conséquences financières sur ses positions et son patrimoine. Ainsi, «AWB s’engage à investir dans la mise en place de techniques avancées en matière de gestion de risques, intégrant les nouveaux développements pour la préparation de l’application de la notation interne».
La maîtrise du risque est la troisième étape, elle englobe toutes les mesures prises par la banque pour limiter les risques à des niveaux acceptables.
La dernière phase, celle du contrôle, englobe la surveillance et le pilotage. Elle permet donc d’identifier de nouvelles zones de risque afin d’ajuster les limites en fonction de leur évolution.
Source: leconomiste, 24-07-2009
http://www.leconomiste.com/
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