Le nouveau président-directeur général fait le point sur les projets de son groupe au Maroc et sur ses ambitions à l’international.

«  est vieille et jeune à la fois », s’amuse son nouveau . Née de la fusion de deux institutions centenaires –  () et  –, elle est aujourd’hui leader au Maroc et numéro 9 en . , crédit immobilier, , ?: elle est présente sur tous les segments de clientèle. Son actionnaire de référence, l’, la holding royale qui détient 33,21 % du capital, et le géant espagnol Santander (14,57 %) lui assurent de solides assises. En 2006, Attijariwafa Bank a réalisé un de 6,7 milliards de dirhams, en progression de 19,9 % par rapport à 2005. JEUNE ?: Vous venez de prendre vos fonctions. Quelle est votre objectif numéro un?? ?: Aujourd’hui, notre but est d’augmenter la contribution de l’activité banque de détail dans notre PNB (produit net bancaire, NDLR). Pour cela, nous renforçons notre réseau de distribution, qui devra dépasser 1?000 agences à l’horizon 2010. Pour autant, nous ne délaissons ni le marché des entreprises ni les activités de banque d’investissement, et nous continuons notre développement régional. Où en sont vos projets à l’international?? Nous avons décidé de nous développer dans la région une fois nos assises consolidées au Maroc. Par « région », j’entends le Maghreb ainsi que l’Afrique de l’Ouest francophone. C’est en 2005 que tout a commencé, avec l’acquisition de 53,54 % de la , en Tunisie. Puis nous avons continué avec la création d’une petite banque de détail au , et l’entrée dans le capital de la Banque sénégalo-tunisienne, en janvier 2007, à hauteur de 66,67 %. Aujourd’hui, ces deux banques ont fusionné. Récemment, nous avons décidé d’accélérer le processus pour devenir acteur de référence dans la région. Je rentre de Nouakchott, où nous avons déposé une demande d’agrément pour la création d’une filiale généraliste. Avant la fin de l’année, nous ouvrirons des bureaux de représentation à Dubaï et Abu Dhabi. Nous sommes en train d’en installer un autre en Libye. Il y a aussi l’Europe. En janvier 2007, nous avons commencé à unifier nos points de vente sur ce continent en une seule filiale, , sous agrément de la Banque de France. Le but est d’optimiser notre présence sur le segment des transferts de et de l’, ainsi que d’accompagner les opérateurs économiques marocains en Europe. Où en est le projet d’entrer dans le capital de la (, NDLR)?? Il vient tout juste de se concrétiser. Nous avons acquis 79,15 % du capital. , Tunisie et bientôt ?: vous êtes sur des marchés très différents. Quels sont vos critères?? Pour nous intéresser, un marché doit avoir des liens économiques et des relations politiques sur la durée avec le Maroc. Il faut également que le taux de bancarisation soit faible et que le cadre réglementaire soit propice. Quand ces conditions sont réunies, nous commençons à étudier les opportunités qui se présentent et à construire des business plans. Vous vous implantez hors du Maroc par sauts de puce. Pourquoi ne pas devenir actionnaire d’un groupe panafricain?? Notre vision est d’assurer le contrôle majoritaire du capital. Nous ne sommes pas un fonds d’investissement. Nous voulons être un acteur de référence. Nous raterons certainement beaucoup d’opportunités à court terme qui ne rentrent pas dans ce cadre, mais nous sommes patients. Quel rôle le secteur bancaire a-t-il joué dans l’essor du secteur privé marocain?? Attijariwafa Bank a joué un grand rôle dans les introductions en Bourse. Dans l’essentiel des deals, nous étions présents. On a introduit la première capitalisation, , aux côtés de BNP Paribas et de Merrill Lynch. Et nous avons assuré près de 55 % du placement domestique et 43 % du placement international. nous a choisis pour la privatisation de la Régie des tabacs. Nous étions également présents lors des opérations qui ont permis la naissance de grands champions nationaux, comme le rachat de Somepi par , dans le secteur des hydrocarbures, ou le rapprochement de CMCP avec le groupe afin de constituer le leader du carton et de l’emballage. Les petites et moyennes entreprises, elles, ont plus difficilement accès aux financements. Comment peuvent-elles se développer?? Il faut leur permettre de passer d’une économie de l’endettement à une économie de fonds propres. Pour cela, il faut encourager le . Nous avons créé sept fonds en sept ans, notamment un fonds touristique, un fonds infrastructures, un fonds et un fonds généraliste. Ce dernier aide les jeunes entrepreneurs de différents secteurs à rendre leurs projets bancables. C’est aussi un moyen de développer la transparence financière et, à terme, de permettre à ces jeunes entreprises de s’introduire en Bourse. Nous comptons bien sûr les accompagner à ce moment-là. Pour nous, c’est aussi l’occasion d’anticiper l’évolution de la géographie du capital au Maroc. La majorité des sont familiales et rencontreront demain des problèmes de relève. Le capital-investissement est une solution. Quelles conditions a-t-il fallu réunir pour que les banques apportent leur contribution au développement du secteur privé?? Il y a une vision de Sa Majesté, qui a donné les grandes orientations. En clair, gagner le pari du développement dans une économie ouverte. Pour cela, différents plans et projets ont été mis en œuvre par le gouvernement en concertation avec les opérateurs privés?: plan Émergence, Vision touristique 2010, le … Des secteurs cibles comme le , l’agrobusiness ou les ont été identifiés. Ce sont des signaux très clairs qui ne peuvent pas laisser une banque inerte. Quand vous savez qu’il y a une volonté politique, la voie est toute balisée?! Vous pouvez vous lancer avec un moindre risque. En même temps, il a fallu une réforme du secteur bancaire. Elle a été entamée il y a sept ans par la Banque centrale du Maroc afin de le mettre aux standards internationaux. Dans le cas d’Attijariwafa Bank en particulier, notre actionnariat solide nous a également permis de prendre des risques. Mais votre objectif, aujourd’hui, est de privilégier la clientèle des particuliers à celle des entreprises?? Non?! Les deux activités ne sont pas exclusives?! Nous comptons même nous intéresser à la très petite entreprise, c’est-à-dire aux entrepreneurs qui ont des besoins compris entre 50?000 et 200?000 dirhams. En deçà, ils trouvent des financements par le microcrédit. Au-delà, leurs projets rentrent dans le cadre de la . Mais entre les deux, il y a un no man’s land. Est ce vraiment rentable?? Quand vous regardez les sociétés actuellement cotées à la Bourse de Casablanca, vous constatez que la plupart d’entre elles étaient de très petites entreprises dans les années 1940-1950. Il ne faut jamais hypothéquer l’avenir. Quels produits comptez vous proposer à ces très petites entreprises?? Je ne peux pas vous en dire plus maintenant. Je vous donne rendez-vous à l’arrêté de nos ­comptes 2007, donc en avril 2008?! 

Source: Jeune Afrique, Propos recueillis par Marianne Meunier 04/11/2008.

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